Chanson à redécouvrir – JC – JP

« C’était à l’été 2017, lors d’une belle journée chaude et ensoleillée, en haut d’un chemin de Saint-Côme. Les trois membres du groupe De Temps Antan étaient réunis pour une énième journée de studio. La bonne humeur régnait depuis le début de cette aventure notamment grâce à l’ami André Marchand qui prenait soin de nous derrière la console. Nous étions au Studio de la Côte Jaune, sur la route entre Saint-Côme et Sainte-Émélie-de-L’Énergie, dans le nord de Lanaudière, au cœur des forêts de conifères, au pied d’une montagne, dans la grange où Ti-Do Beaudry, le grand-père d’Éric, jadis, y jouait du violon. Un endroit précieux où beaucoup de musiciens sont venus faire un tour le temps d’une chanson, d’un air de violon ou simplement d’une petite bière.
C’est d’ailleurs lors d’une journée d’enregistrement de la pièce « Anaë toujours » que plusieurs rigolos, venus nous saluer au passage, ont bien voulu rester pour déguster quelques grillades, écouter notre travail et même pousser quelques notes de joie contagieuse qui étaient motivées par l’amitié que nous avons les uns pour les autres et aussi par quelques petits verres de courage.
Parmi eux, il y avait Jean-Claude Mirandette. Il allait bien malgré la maladie. Le grand sourire, sa parlure si riche, ses yeux pétillants. Quel plaisir se fut pour nous tous de passer la soirée avec lui. Les mots manquent.
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« JC-JP » a été composée par Éric en hommage à ses deux grands amis de longue date : Jean-Claude Mirandette et Jean-Paul Loyer. À leurs côtés, Éric a fait quelques-uns des premiers pas de sa carrière de musicien professionnel, ici et ailleurs, tout en continuant de les côtoyer, dans la vie comme sur la scène, jusqu’à la fin. Depuis que je connais Éric, je ne dénombre plus toutes les histoires qu’il a su me conter à leur sujet. Certaines plus d’une fois.
Cette composition, rappelle la chaleur humaine estivale, les rencontres entre amis,  le soleil, les jasettes. En ces temps difficiles où la crise frappe trop de gens et nous restreint dans nos rassemblements qui nous sont si chers, cette mélodie m’accompagne en attendant des temps nouveaux.
« JC-JP » nous ramène à des amitiés indestructibles, des jours formidables, des souvenirs impérissables. »

David Boulanger, De Temps Antan

Chanson à redécouvrir – Souffle d’Ange

« J’aimerais vous présenter la pièce Souffle d’Ange qu’on entend sur Tromper le temps. C’est une composition de mon frère Réjean. Elle me fait penser à ces années au cours desquelles, dans notre sous-sol à Lacolle, on se retrouvait très souvent avec nos instruments. Un moment donné, Réjean me fait écouter une de ses compositions que j’ai tout de suite aimée. J’ai alors accordé mon violon en vielle et l’ai jouée avec lui. Ça reste un beau moment pour moi. Quelques années plus tard, lorsqu’il m’a offert l’album du groupe Le Vent du Nord, j’ai réécouté Souffle d’ange qui m’a fait penser à une de mes pièces (Quand soufflent les anges) et je me suis remémoré ces instants partagés à Lacolle. Un souffle nous avait rejoint dans notre musique. Bonne écoute! »

André Brunet, Le Vent du Nord

Chanson à redécouvrir – Corsaire

« Dans la série des chansons que vous n’auriez pas entendues ce printemps dans notre spectacle, j’ai choisi de présenter un titre marquant pour notre groupe; Corsaire.
En 2002, je suis tombé sur la compilation Chants et Complaintes Maritimes des Terres françaises d’Amérique et donc découvert cette si belle ballade cajun Le Corsaire Le Grand Hurleur chantée par Marce Lacouture. Je l’ai écoutée en boucle des dizaines de fois, me disant qu’un jour j’arriverais peut-être à en faire une version à la hauteur… Quelques années plus tard, en 2009, à la formation de notre groupe, j’ai ressorti cette chanson me disant qu’il était temps.
Comme on n’avait pas encore de nom de groupe à cette époque et que plus on travaillait sur cette chanson et plus on voyait qu’elle allait devenir un titre fort de notre premier disque, on a donc décidé à ce moment, que le nom de ce bateau allait aussi devenir le nom de notre groupe; Les Grands Hurleurs.
La ballade étant longue, on a d’abord élaboré des arrangements en un grand crescendo, à l’époque avec Simon Marion. On a aussi utilisé un côté électro pour se démarquer de la version originale. Et puis, on l’a jouée. En spectacle, des dizaines de fois. Des publics d’un peu partout dans le monde ont chanté Zimbalazim boum boum. Souvenir spécial d’un grand festival d’Allemagne, ils étaient 20 000 en choeur, avec nous. Des frissons à chaque fois.
Puis le temps a passé, puis notre répertoire s’est agrandi, deux autres albums ont succédé aussi. On a mis notre ballade de côté. Pour la laisser se reposer un peu.
Jusqu’en 2018, quand on a commencé à travailler sur notre album Chouïa. Ce disque, se voulant aussi un clin d’oeil à nos 10 ans d’existence, nous donna l’idée de réarranger une chanson marquante par album. Le choix était évident qu’on allait reprendre Corsaire de notre premier disque.
On voulait une version plus dénudée, plus organique, plus mystérieuse et plus discrète mais tout aussi intense. On a donc appelé en renfort nos amies du Quatuor Esca et François Vallières aux arrangements de cordes.
L’arrangement des cordes qui mène à un tournoiement, une tempête maritime, vient accoter le texte et donne un caractère symphonique et grandiose à la tournure des événements.
En voici donc le résultat.
Pour entendre la version de Marce Lacouture : lien Youtube.
Bonne écoute! »

Crédit photo : Christine Prudhomme

Nicolas Pellerin, Les Grands Hurleurs

Chanson à redécouvrir – Le Gros Richard

« J’aimerais vous présenter la chanson Le gros Richard, qui a été très bien interprétée par Bernard Simard, tirée du premier disque du Vent du Nord en 2003.
Cette chanson démontre que, depuis ses débuts, le groupe désire revisiter les chansons avec une approche très personnelle, sous un angle nouveau.
On sent clairement l’envie d’unir les sonorités plus “classiques” aux chansons traditionnelles, volonté qui nous mènera jusqu’au spectacle  Les Voix du Vent (qui naîtra sous peu) en passant par les concerts symphonique et les prestations avec le Quatuor Trad. Sur ce morceau, nous avons arrangé un “quatuor folk”, avec vielle, accordéon, violon et violoncelle (Jeanne de Chantal Marcil du Quatuor Claudel-Canimex), qui a enrobé la chanson sur l’extrême pauvreté que Bernard interprète en s’accompagnant de sa guitare en “finger style”.
Les lignes mélodiques, qui s’accumulent tout au long du morceau, évoquent les contrepoints mélodiques de l’époque baroque et marquent un peu l’intemporalité du texte.
Enfin, la dichotomie entre le texte et l’arrangement renforce le propos. Le personnage vivant sans le sous, avec aucun bien matériel, nous avoue son bonheur de manière franche et sans artifice.
Une forme de richesse intérieure que l’arrangement “baroque” propose d’accentuer.
J’ai réécouté Maudite moisson! depuis la disparition de l’ami Bernard.
Je veux le remercier encore en vous présentant cette chanson.
P.S. On peut retrouver ces concepts d’arrangements à travers d’autres chansons du Le Vent du Nord telles que Dans les cachots (Tromper le temps), Louisbourg (Territoires) et même, d’une certaine façon, sur La mine (La part du feu). »

Olivier Demers, Le Vent du Nord

Chanson à redécouvrir – Les trois frères Roy

« Ça se passe il y a 20 ans. Ma grand-mère maternelle, Marie-Ange, est très malade. Je m’installe à son chevet et je lui pose des questions pour savoir d’où elle vient, qui elle est. Elle me raconte l’histoire des trois frères Roy qui débarquent de Bretagne et qui s’installent à Mont-Joli. Ils fabriquent trois moulins à eau et à vent. Ma grand-mère est née dans un de ces moulins. Cette histoire est  vraiment très belle et inspirante. Peu après, je me retrouve seul à Lyon. En marchant, je découvre par hasard un amphithéâtre romain. Durant toute la semaine, je me suis rendu dans ce lieu particulier pour écrire la chanson Les trois frères Roy qui s’est retrouvée sur l’album Maudite Moisson! »

Nicolas Boulerice, Le Vent du Nord

« Je vous présente aujourd’hui la première chanson que j’ai proposée au Vent du Nord lors de nos premières répétitions, chez moi, à St-Ambroise de Kildare au printemps 2004. Grand changement dans ma vie! À l’aube de mes 27 ans, avec beaucoup de fébrilité et de fierté à succéder à Bernard Simard, j’entreprenais un nouveau chapitre de ma jeune carrière et l’enregistrement de mon premier disque Les amants du St-Laurent. Vous y trouverez en 7e position Le Bon Buveur!  Bonne écoute! »

Simon Beaudry, Le Vent du Nord